Le moment de vérité

Moi, romancier Nantais, qu’allais-je faire sur les terres du Champsaur ?
Tous les Gapençais connaissent le village de Chaudun et ont une version personnelle de son histoire.   J’avais accepté de m’y rendre pour la sortie de mon livre, tout en redoutant un peu, je l’avoue, ce moment de vérité.
Premier temps, en tant qu’invité de la Médiathèque de Gap, celui de la conférence, largement annoncée par le Dauphiné libéré. Vu la concurrence du Rallye de Monte-Carlo qui faisait étape ce jour-là, et la météo, je craignais une salle désertique. Elle fut pleine. (mais petite, 50 personnes, n’exagérons rien, je ne suis pas du midi ! ) Participation à la fois intimidante (tous des connaisseurs) et réconfortante (j’aurais eu l’air de quoi si personne n’était venu ?)
Second temps, les dédicaces en librairie. Plus encore qu’un succès de vente, ce fut une matinée de riches et sympathiques rencontres, chacun voulant raconter le rapport de sa famille à ce village. L’ascendant d’un tel a été le dernier-né avant le grand départ des villageois, une telle vient d’une grande famille Chaudunière, tel autre fut forestier… tant et si bien que certaines de ces personnes firent connaissance devant moi, surprises de leur mémoire commune et partirent à la brasserie d’à-côté poursuivre la discussion, mon livre dédicacé sous le bras.

 

Restait à savoir si “Le destin brisé d’un village français” ne trahissait pas leur mémoire, malgré mes intentions. Les remerciements, recommandations faites les uns aux autres et les ventes qui se prolongent m’ont rassuré. Alors fierté ? Satisfaction est plus juste. Trois années de travail concrétisées et reconnues. Je sais qu’un historien local travaille (depuis longtemps) à  un livre sur le même sujet, mais – s’il sera certainement plus encore documenté que le mien – il ne fera pas revivre le village, comme un romancier peut le faire.
Il m’a été demandé d’écrire une suite ! Mais non. Je suis passé à un tout autre sujet, un tout autre style.
L’éditeur est content, après seulement 4 mois de ventes il en est  au second tirage.
Un léger regret tout de même, j’aurais aimé voir ce roman distribué par exemple par chez moi. (Nul n’est donc jamais prophète dans son pays ?)
 Certes l’histoire est très localisée mais la trame romanesque ne l’est pas, ses personnages pleurent, rient, aiment, meurent.  En outre ceux de mes amis qui m’ont lu m’affirment ne pas avoir lâché le livre avant la fin.
 En fait, et c’est normal, il se vend bien dans le secteur de distribution de TDO, c’est à dire tout le Sud de la France (et pas seulement dans le Gapençais).
C’est un choix que j’ai fait dés le manuscrit terminé et je l’assume d’autant que cet éditeur a eu à cœur de bien faire sa part du travail et de défendre ce roman, ce qui me change de mes expériences précédentes. Qui plus est plusieurs projets de diffusion nationale trottent dans sa tête, alors pourquoi pas ?

 

Mon premier éditeur n’avait pas de diffuseur.
Mon second a perdu le sien avant la publication de mon livre.
Mon troisième (TDO) fait le tout bien, mais régionalement.

Qui sera l’éditeur du quatrième ? Grasset ? Gallimard ? 🙂 Le rêve est nécessaire à la vie.

ps: Si vous aimez ce livre, dîtes le sur Amazon ou la FNAC, merci.

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