Sur le fil d’un incipit

Le cap des tempêtes !

 

 

     Le “cap des tempêtes” est une ancienne appellation du Cap Horn, évidemment plus imagée.
C’est aussi maintenant le titre de l’une de mes nouvelles parues “Sur le fil”
Elle a été écrite pour un concours dont le principe était de commencer par un incipit sensé être les premiers mots d’un roman que son auteur dédicacerait lors de la remise des prix.(Sensé parce qu’il l’a ensuite modifié.) Il paraît que j’ai deviné le “pitch”, mais entre nous et rétrospectivement je le trouve assez évident.
      Toujours est-il que l’idée d’écrire sur le thème d’une “croisière” m’a d’autant tenté que je suis un voileux et donc me sentis immédiatement à l’aise pour la partie technique qui devait m’amuser (pour l’histoire et son écriture c’est un autre problème). Quand je me suis mis à ce travail, le Vendée Globe se terminait et, comme tous les passionnés de la mer le savent, chacun peut suivre cette course sur le web, voir les positions des bateaux, les vitesses, les parcours, les vents… je décidais donc de faire suivre à mon personnage ce même parcours. Simplement il irait évidemment moins vite et j’ai donc dû calculer les positions  de son parcours pour être réaliste et non reprendre celles de la course.
   Cette nouvelle est celle pour laquelle le scénario  (bien que le mot soit un peu prétentieux dans ce cas précis) a été construit assez aisément. L’introduction imposée me semblait imposer une fin tragique et donc la chute, comme d’habitude chez moi, était imaginée la première.
 
    Donc tout allait bien, enfin aussi bien que possible dans ce genre d’écriture un peu contrainte, quant, à 24 heures de l’envoi de mon manuscrit tout bien bouclé, lu et relu, chaque phrase précisée comme j’aime à le faire, je me suis aperçu avec horreur que j’avais entre-temps perdu de vue l’incipit. 
Aïe,aïe, le gros pépin! Il fallait rattraper, remplacer mon introduction par la figure obligée, que je trouvais moins appropriée- l’inverse eut été étonnant- et bien lier le tout pour cacher le raccord. En quelque sorte j’étais “Sur le fil”. 
Apparemment personne n’a vu la réparation puisque j’ai gagné ce petit concours et je ne vous dirai pas quelle version j’ai fait paraître dans mon livre!
 
   Autre souvenir concernant cette nouvelle: lors de la remise des prix, lecture de mon histoire fut faite par une actrice  qui eut la grande délicatesse de me demander comment je souhaitais qu’elle la raconte. Échauder par une autre narration (du “Delphinium”) atrocement mélo quelques mois plus tôt, il me semblait que la sobriété était le meilleur ton. On convint aussi de ne pas lire les minutes et secondes du journal de bord qui donnent la position du bateau et qui oralement alourdissaient le phrasé. Cette lectrice fut parfaite et grâce à elle je connaissais le sens des quelques secondes de silence qui prolongèrent la fin du récit. “Le cap des tempêtes” avait fonctionné. Je ne vous le raconterai pas, je vous en ai peut-être déjà trop dit!
 
C’était la seconde fois que j’entendais lire l’une de mes nouvelles devant un auditoire et c’est très troublant comme expérience. La troisième sera pour “la cage aux corbeaux”, dans un contexte très différent. Je vous raconterai. 
 
Et vous, vous avez déjà participé à un concours?
Vous avez déjà écrit quelque chose de lu devant une assemblée? Allez, racontez!

11/2020 : Cette nouvelle est parue dans le recueil “Sur le fil”. Mes romans 

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