Pourquoi ce nouveau blog ?

Et pourquoi vous abonner.

La parole, qu’elle soit orale ou écrite,  est la première de nos libertés. Les mots sont vivants, ils naissent, meurent et souffrent d’être abandonnés ou élagués par ces abréviations approximatives dont se nourrissent les réseaux sociaux. Arbres de nos cultures, feuillus ou dépouillés, tantôt murmurants, tantôt hurlants ,ils s’enchainent et se libèrent, se parlent et se répondent, chantent ou grondent, confessent nos joies et nos peines.  Ils ont une histoire, une acception, souvent plusieurs, fécondent notre imaginaire et quand certains disparaissent, notre humanité  s’appauvrit. Le langage n’est pas inné, il est une difficile conquête et un lien collectif essentiel ; veillons sur lui, soignons-le, enrichissons-le autant que nécessaire, mais respectons-le.

La parole est l’outil irremplaçable de ce rapprochement entre nos individualités (c’est son sens étymologique grec) dont nous avons, plus que jamais, grand besoin. « Un homme qui écrit n’est jamais seul. » Paul Valéry.  Elle est un bien commun et le support de l’errance  de notre pensée ; vagabondage, rêvé ou réel, essence de notre existence.  Voilà pourquoi, résistant aux sirènes d’une fausse modernité paresseuse, j’ai voulu tenter ce blog, même s’il est un peu, comme moi, démodé; pourquoi je l’ambitionne collectif ; pourquoi je vous y attends, pourquoi je vous y espère.

De votre adhésion à ma démarche, la première expression est évidemment de vous abonner (à gauche) et vos données ne feront ici l’objet d’aucune exploitation commerciale,  la seconde de commenter, je dirai même prolonger, tel ou tel des articles parus et si le cœur vous en dit de commenter les commentaires pour provoquer un aimable débat et faire ici société; (Après tout,  la parole, nous dirait Montaigne, n’est-elle pas à moitié à celui qui l’écoute et à moitié à celui qui parle ! ), et la troisième de me proposer vos propres nouvelles,  badauderies, noumènes, et même photos. Osez, Osez ! Osez !

Merci à Joëlle et Thérèse d’avoir répondu (sans surprise avec talent) à mon invitation pour ouvrir ce premier numéro de Paroles vagabondes. Thérèse est une écrivaine dont les livres sont d’une poésie et d’une gouaille qui lui sont très personnelles. Joëlle, quant à elle, fait ici le lien avec mon premier blog « Dparoles » auquel elle apportait déjà son originalité et son sens aigu de l’observation sous le pseudo d’Hollynx. On continue à la retrouver sur Facebook avec des photos aussi maitrisées et riches que ses écrits.

Pour finir, un grand merci à Patrick Lenormand, à son professionnalisme, sa disponibilité et sa patience, sans lequel je n’aurais jamais réussi à faire ce site. C’est qu’il est un âge où les nouveautés technologiques pénètrent difficilement ce qui nous reste de cerveau !

ps: Pardon pour les scories qui pourraient encore rester dans ce blog. Ne pouvant me résoudre à effacer mes anciens états d’âme partagés avec vous,  j’ai transféré ici une partie de l’ex “Dparolesdeplus”, compliquant encore ainsi la mise en page.

La plage.

Voici ce qui devait être l’intro d’un roman que j’ai choisi de na pas publier. Il voulait traduire ma colère et mon incompréhension devant les attouchements sexuels sur enfants. J’ai bouclé mon manuscrit,  après 3 ans d’écriture, au moment où sortaient à une cadence quasi hebdomadaire  des livres-témoignages. En supposant qu’un éditeur accepte encore de défendre un roman sur un tel sujet, j’aurais donné l’impression de vouloir surfer sur cette actualité, à l’opposé de mon objectif. Il restera donc dans mon tiroir. 

Mon héroïne a 40 ans et une instabilité caractérielle inexpliquée. 

Un après-midi d’été, alors gamine de sept ans, Lilou rêvait, assise au bord de l’océan, s’amusant des vagues qui tantôt lui léchaient la plante des pieds, tantôt les recouvraient mollement, avant de refluer pour s’unir à des sœurs, venues de l’infini reprendre inlassablement l’assaut.Lire la suite“La plage.”