Poésie

Inépuisable

Inépuisable Les mots viennent, ils disent plus qu’écrire. J’écrirais même si personne ne me lisait. Ce qui m’importe, c’est ma part d’être. Une goutte d’eau ne demande rien, ni son devenir ni sa fonction. De même la pierre, l’arbre et tout ce qui fait la vie. Le sommeil du chat me fascine davantage que les circonvolutions ineptes de la Bourse. Je m’éloigne des avoirs, des paraîtres, ces choses inutiles et perverses qui fabriquent des mises en scène, des esclavages et produisent de douloureux engrenages. Leur vide colporté sidère. Comme le loup, je me méfie des hommes. La récurrence des saisons et leurs graines m’est source inépuisable comme l’air et l’eau. Jubilation. J’écris de riens, de choses élémentaires qui relient. Vivre s’aboutit

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Le matin des étrennes

Ah ! Quel beau matin, que ce matin des étrennes ! Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes Dans quel songe étrange où l’on voyait joujoux, Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux, Tourbillonner, danser une danse sonore, Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore ! On s’éveillait matin, on se levait joyeux, La lèvre affriandée, en se frottant les yeux … On allait, les cheveux emmêlés sur la tête, Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête, Et les petits pieds nus effleurant le plancher, Aux portes des parents tout doucement toucher … On entrait ! …puis alors les souhaits … en chemise, Les baisers répétés, et la gaieté permise ! Arthur Rimbaud Revenir à la page

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Chanson dans le sang

Je n’ai pas besoin d’expliquer pourquoi j’ai voulu vous faire entendre (et voir)  ce poème de Jacques Prévert,  extrait de son recueil “Paroles”,  et lu par Pierre Brasseur . Il est plus explicite que tous les commentaires d’experts dont nous abreuvent  télévision et – pire – réseaux sociaux. Il est difficile à supporter mais infiniment moins que la réalité que vivent les victimes de ces guerres, censées ne jamais se reproduire. Alors ayons le  petit courage de l’écouter jusqu’au bout. Chanson dans le sang

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Plus

Je vous propose souvent un texte de Ile Eniger:  quand on aime on ne compte pas. Et si je vous donnais envie de visiter son blog, voire plus, je m’en réjouirais. Un et puis un autre, ils partent. “C’est la vie”, disent les braves gens en évitant de penser que là, c’est surtout la mort ! Et puis ces pensées toutes faites ça rassure, ça permet de vérifier que s’ils sont ailleurs maintenant, nous on est encore là. Plus le soir s’approche, plus je le vois fatal, ouvert et insondable. Plus l’aléatoire des pas porte le souffle, plus j’en reçois l’inconnaissable absolu. Plus l’inconnu efface les traces, plus je choisis de dessiner le chemin jusqu’à l’heure vivante. Plus les places

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Instants

Des instants de bonheur déferlent s’éloignent pour mieux revenir d’un pas de danse c’est la mer L’eau court sur la peau en caresses telle l’écriture, calme ou nerveuse manège de tous les joies ou tourments c’est la mer Bruyante ou silencieuse, elle écrit l’histoire à jamais ici demeure son humeur tel l’homme elle parle doucement ou hurle bonheur ou tristesse ainsi sont ses vagues Intouchable elle glisse entre les mains se laisse désirer jusqu’à l’abandon à l’étale cela rend fou l’attente, l’humeur de ses eaux mer prend moi dans tes bras de silence Lutin B

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Un an

Un an que nos roses ont fermé leurs paupières. Que leur parfum ne fleurit plus. Un an que notre jardin s’est dissout dans l’or d’une improbable lumière. Depuis ta dernière porte, mes mots se taisent, sidérés. Je t’écris de cette jachère de dernier labour. Je t’écris comme une qui ne sait plus écrire. L’été martèle le mauve des lavandes, le soleil aiguise le rouge des géraniums, un bras de ciel brûlant enlace les terres d’une implacable étreinte. La saison de feu plante ses banderilles. Dans cette fournaise, quelques oiseaux effrontés défient le bleu de plomb fondu. Juillet cherche l’eau. Je pourrais te parler encore de cette saison, ta préférée, où tu puisais puissance et couleur, toi, le vivant tournesol. Mais

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