Nouvelles

Santez Anna béniguet

Mi-septembre, un soir de grande marée, dans la baie de Quiberon. Le soleil finit peu à peu de disparaître sous l’horizon et le crépuscule s’annonce en empourprant quelques nuages effilés. Dans moins d’une heure il fera nuit. Une nuit de nouvelle lune qui – comme chacun ne sait pas toujours – est une nuit sans lune, une nuit noire. La plage est maintenant silencieuse. Voilà déjà une bonne demi-heure que la dernière grappe d’enfants s’en est détachée, les uns gloussant maintenant sous une douche bien chaude, les autres, parfois en pyjama, riant à aspirer leur soupe avec le plus de bruit possible. À quelques encablures un petit bateau de pêche est arrêté, son occupant s’affairant à remonter un dernier casier

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Le delphinium

Cette nouvelle a pour moi un parfum particulier. Elle fut en effet la première que je présentai à un concours. La récompense obtenue (régionale) m’encouragea à poursuivre et à oser publier certains de mes écrits.  Pour l’anecdote, sachez que le thème imposé était simplement l’adjectif “bleu” J’ai offert ce delphinium à Amélie pour la concordance de couleur avec ses yeux. Il était magnifique, généreux et vivace. Autour de ses feuilles profondément ciselées aux lobes pointus, les fleurs en grappes fournies, d’un bleu azur intense, se tenaient droites et têtes hautes. Mais depuis quelques jours les pétales pâlissent et tombent un par un d’une hampe amollie tandis que les feuilles se recroquevillent en jaunissant. J’ai enrichi sa terre, arrosé régulièrement son

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Sac de femmes

Les pieds défilent dans un chassé-croisé sur les trottoirs du bord de Seine, toutes sortes de chaussures ou de bottes à bout pointu ou rond, à talons hauts ou bas se faufilent au rythme de la femme d’affaires pressée. Il est 13 H, l’heure de manger sur le pouce un sandwich. Mes bottes lacées sont sous la table, jambes croisées j’ai posé mes pieds au chaud, je bois un chocolat viennois en vitrine, en tête l’homme qui m’a fait découvrir le café de l’Editeur. La mode est sur le macadam, les collants noirs opaques mettent en valeur les jambes qui à grands coups de ciseaux taillent la route. Le long manteau noir ouvert balance ses pans comme des drapeaux en

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L’effondrement

Les hommes pensaient habiter la lune, voyager parmi les étoiles du ciel, peut-être même construire des ponts entre la boule bleue et ses voisines du cosmos les plus proches, et ils en sont à réapprendre à se laver régulièrement les mains ! Ils envisageaient d’ingénieuses trouvailles pour ne plus maculer de leurs détritus les mers, les océans, les forêts, l’air, et ils en sont à étudier comment on s’ajuste un bout de tissu sur le coin de la figure pour ne pas être exposés aux miasmes des congénères ! Ils pensaient s’être battus tout au long de leur histoire, par la force, par l’intelligence, par la culture et par l’instruction, pour s’accomplir enfin, libres et forts, dans un monde parfaitement

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Le tribunal des parents

Je n’avais d’abord publié ici que le premier acte de cette saynète. La voici dans sa totalité.  Premier acte Lieu : un tribunal Le président : Prévenu, il vous est reproché d’avoir trop aimé votre fils et – fait aggravant – de l’avoir élevé bourgeoisement. Reconnaissez-vous les faits ? L’accusé : Monsieur le Président, sans vouloir vous offenser, puis-je faire remarquer que la caractéristique de la cuisine bourgeoise est d’être simple et bonne ? Mais pour le reste, oui – bien sûr – j’ai beaucoup aimé, et j’aime d’ailleurs toujours, mon fils. Je ne savais pas qu’il ne fallait pas ! Le président : Allons vous savez bien que nul n’est censé ignorer la loi et pour ce qui nous concerne que les parents sont toujours responsables.

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En paix avec toi

Tu m’as piégé, maman.  Oui, je t’ai menti, mon fils. Mais il le fallait bien et je sais qu’avec les années tu comprendras. Trois jours et pratiquement trois nuits que tu me veillais dans cet hôpital. Goutte à goutte ma douleur s’apaisait et ma vie s’endormait. Pourtant les paupières fermées, je te caressais des yeux et je voyais bien, tu sais, que les tiens ne pouvaient s’empêcher de s’évader de cette chambre baignée d’une pénombre sans fin par ses volets mi-clos. J’en étais chagriné pour toi mon enfant. Il fallait que tu sortes, que tu respires, que tu embrasses tes petits, que tu dormes toute une bonne nuit dans les bras consolants de ton épouse chérie. J’ai insisté, tu as

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L’erreur (scène3)

Devenez coach littéraire d’un livre ! Participez à une expérience unique et collective. Chapitre par chapitre, j’ai commencé à publier ici un roman  et le modifierai  au fur et à mesure en tenant compte de vos avis qu’ils soient de détail ou d’ensemble, de forme ou de fond. Vous pourrez également lire les commentaires des autres participants et ainsi les comparer à votre propre ressenti. Mais attention, les prochaines scènes seront réservées exclusivement aux fidèles abonnés. Alors si le cœur vous  dit d’en être, vous pouvez déjà lire et commenter les 3 premières scènes et pour poursuivre l’aventure, abonnez-vous vite ! C’est gratuit et d’une grande simplicité.  (“L’erreur” est le titre provisoire de cette histoire. Nous trouverons le définitif ensemble ! )

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