Mon processus créatif

L’exemple de la cage aux corbeaux.

“La cage aux corbeaux” est une nouvelle conçue pour un concours. Le thème de celui-ci était “L’attente”et je ne savais pas encore si j’y participerais quand je suis tombé sur un article d’hebdomadaire sur le couloir de la mort.  Je n’y aurais sans doute pas prêté plus attention que cela s’il n’avait provoqué un immédiat et évident rapprochement dans mon esprit.
Mon sujet était trouvé!
 Mais je ne voulais pas le traiter aux Etats-Unis pour éviter l’aspect politique et comme malheureusement la peine de mort existe aussi dans d’autres pays, j’ai commencé mes recherches sur Internet. La chance avec moi,  j’ai ainsi découvert qu’en Inde cette condamnation se faisait encore par pendaison mais que faute de volontaires pour bourreaux, des centaines de personnes pourrissaient dans les couloirs de la mort parfois des années. Et oui dans le pays de Gandhi, cela existe encore!  Ma nouvelle avait un pays.
              Bien, j’avais trouvé la trame de mon histoire et le lieu.  Mais, jamais allé en Inde, j’ai dû passer une bonne partie de mon été à me documenter. Comme quoi pour écrire il faut d’abord lire!
C’est ainsi que j’ai trouvé les films cités dans ma nouvelle, c’est ainsi que j’ai situé géographiquement le déroulement de l’histoire, c’est ainsi que j’ai appris l’importance des corbeaux et leur grand nombre. J’avais de la matière.
         A un moment de mon travail  Je voulais que mon personnage fasse un rêve et qui devait- bien entendu- avoir une dimension symbolique. Il m’a fallu beaucoup de temps pour trouver celui de mon histoire. Je savais d’évidence que devaient y figurer ces corbeaux perçus là-bas tout autrement que chez nous. Mais je n’avançais pas, tout en percevant que ce rêve serait une clé essentielle de ma nouvelle. C’est un beau matin au réveil que je l’ai trouvé. Je ne l’ai pas imaginé, je l’ai trouvé, comme une évidence que je n’avais plus qu’à  mettre sur le papier et à étoffer un peu. Je ne dirai pas que je l’avais rêvé, ce serait exagéré, mais je me suis levé en sachant ce que j’allais raconter. Phénomène classique de l’obsession créative, le sommeil avait fait son oeuvre de brassage.
Et ce rêve est devenu si important qu’il s’est imposé aussi comme titre.
        Puisque j’avais placé mon personnage en Inde,  me restait un problème philosophique à résoudre, le suicide étant religieusement interdit. Je vous laisse juger si je l’ai convenablement résolu mais j’ai dû modifier à plusieurs reprises la fin de mon histoire après avoir consulté des amis un peu spécialisés sur l’hindouisme.
Pour être crédible, il faut d’abord ne pas contredire la réalité, mais l’accompagner.
    La chute de mon histoire est toujours ce que j’en connais en premier. Au fond le reste n’en n’est que la préparation. C’est ma recette à moi, je ne dis pas qu’elle est généralisable. Du roman que j’écris actuellement j’ai déjà de quasi formalisé le dernier chapitre et le premier… mais d’ici que j’ai fini je ne m’interdis tout de même pas de changer!
   “La cage aux corbeaux” est une nouvelle qui a demandé non pas de la sueur mais beaucoup de temps. Temps de recherches et de lectures, de réflexion et d’imagination et évidemment  travail d’écriture et de style.
J’ai eu la satisfaction d’emporter ce concours auquel participaient une cinquantaine de concurrents. Mais j’ai eu encore plus de plaisir à l’écrire.

Sur ce thème de l’attente, le second prix avait traité de manière très poétique de la marée. Son personnage vivait au rythme de celle-ci (En Bretagne, les marées sont amples, rien à voir avec la Méditerranée). Si je vous raconte ça, c’est pour illustrer la diversité d’associations d’idées qu’un concept peut engendrer!

Et vous, racontez-nous un processus créatif!

La cage aux oiseaux est parue dans le recueil “Sur le fil” Mes romans

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