Histoire d’un vélo et d’un soutien-gorge ?

Le facteur, juché sur son vélo, sa caisse en bois en bandoulière, fait son apparition dans la cour, suivi en courant de quelques enfants qui piaillent “le voilà, le voilà” en l’applaudissant. Emile cale son vélo sur son trépied, passe la courroie de la boîte, qui semble peser une tonne, par- dessus sa tête pendant que Grinoux, le chien des Marelier, au lieu d’aboyer, se frotte à ses jambes en remuant la queue et se tortillant le derrière. Ce facteur-là joue un rôle important dans mon roman de Chaudun. De manière anecdotique, il devait notamment participer à une course cycliste mais chuter dans le col de Gleize, sauf que… sauf que l’histoire se passant en 1896,  le vélo n’existait pas

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Juge et partie?

Quand l’administration est juge et partie, “l’affaire” n’est pas loin!  Est-ce nouveau? Évidemment que non. Les habitants de Chaudun étaient-ils si malheureux qu’ils devaient absolument partir ou leur a-t-on fait miroiter une vie tellement plus heureuse dans les colonies françaises qu’ils ne pouvaient résister à cette sollicitation par ailleurs assez pressante? Il est vrai que leur principale ressource, l’industrie pastorale, était en régression permanente pour 3 raisons. Je cite ici le rapport de l’inspecteur de la Direction des forêts chargé par l’Etat de ce dossier, monsieur Billecard : “l’épuisement des pâturages par un usage excessif, la baisse des prix par suite de la concurrence étrangère et enfin l’augmentation incessante des charges communales”. Mais si les revenus étaient faibles, les dépenses l’étaient tout

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Le moulin

Extrait (en l’état provisoire) d’un chapitre de “Chroniques de la mort d’un village”, roman lui-même en construction. Avec le schéma on peut tout suivre, je crois! Après la lessive, voici le pain qu’on cuisait une fois par an dans le four communal. (Marin est le maire-adjoint de la commune de Chaudun) Et donc ce matin c’est l’évènement : les Marin mettent  en route le moulin. Les premiers villageois à apporter leurs sacs de blé sont déjà devant la porte et applaudissent gentiment leur arrivée. Alphonse verse un premier sac de tuzelle dans la trémie. On va moudre par catégorie en finissant par le seigle car il faut modifier les réglages à chaque fois. Jacques fait une première trempure*  et commence

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La lessive de printemps

  La grande lessive c’est seulement  deux fois par an et c’est à chaque fois un évènement vécu par tout le village comme un soulagement. Celle de printemps se fait toujours fin avril (en mai ça porte malheur: “Far la bua * en mai, c’est laver son linceul.”) et témoigne de l’arrivée des beaux jours et la seconde,  après les gros travaux d’été,  marque la fin des grosses chaleurs, de la sueur et de la poussière. Alors du linge empilé, vous pensez s’il y en plein les armoires et les buffets! Au moins trois jours de travail! Et les hommes ne seront pas les bienvenus dans les maisons pendant ce temps là. Ils auront tout intérêt à rester à travailler aux

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L’écologie, c’est pas nouveau!

La politique non plus… En 1860, sous l’influence d’ingénieurs forestiers, une première loi napoléonienne décidait d’exproprier sans indemnité tout propriétaire d’un terrain selon  “l’état du sol et les dangers qui en résultent pour les terrains inférieurs” sauf à ce que le dit propriétaire fasse lui-même les travaux imposés. Il est évident que dans les régions concernées de haute montagne où les paysans étaient très pauvres cette dernière disposition était inapplicable d’où beaucoup d’agitations, voir de révoltes. En 1882, sous la  3ème République, l’intention fut reprise mais avec un peu de modulation (Il faut cette fois penser aux électeurs!). Ainsi cette expropriation devait désormais être accompagnée d’une indemnisation et être votée à chaque fois au parlement. Quels terrains étaient concernés? Essentiellement

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