Faut-il accepter de viellir ?

Deuxième chance.

  • Si j’avais de nouveau 20 ans, j’apprendrais à danser le Charleston et à faire du Kite Surf.

J’ai flirté avec ma vie et créé un club de voile. Pas si mal, mais j’aurais pu.

  • Si j’avais de nouveau 30 ans, je ferais le tour du monde à la voile et en solitaire.

À cet âge je me suis construit une vie professionnelle. Pas si mal, mais j’aurais pu.

  • Si j’avais 40 ans, j’irais en Afrique construire des écoles.

J’ai déprimé comme un con alors que j’avais 3 enfants. Pourtant pas si mal, mais j’aurais dû.

  • Si j’avais 50 ans, je danserais encore le Charleston et j’essayerais de me rendre utile à la société.

J’ai fait du syndicalisme professionnel, pas si mal. Je n’ai pas dansé le Charleston, j’aurais dû.

  • Si j’avais 60 ans, je me contenterais de faire le tour de la Corse à la voile et en solitaire.

J’ai fait seulement l’île dYeu et à deux, Pas si mal, mais j’aurais pu.

  • Si j’avais 70 ans en ayant fait tout ça, je fermerais boutique.

Oui, mais je n’ai pas fait tout ça. J’ai vendu le bateau, j’ai trop mal partout pour danser quoi que ce soit et il est trop tard pour que je sauve le monde.  Alors maintenant, je fais quoi ?

                                                                        *****

 

Visite médicale.

– Docteur, je m’essouffle.
– C’est normal. Le cœur se fatigue à partir d’un certain âge.
– Docteur, mes doigts se déforment.
– Je ne peux rien pour vous. C’est  l’arthrose de l’âge.
– Docteur, mes nuits sont de plus en plus courtes.
– Faîtes avec, de toute façon le besoin de sommeil se réduit avec l’âge.
– Docteur, je n’entends plus très bien d’une oreille.
– Je peux vous faire appareiller comme beaucoup de gens de votre âge.
– Docteur, j’ai des trous de mémoire.
–  Rassurez-vous ce n’est pas Alzheimer. Juste le cerveau qui est moins bien irrigué avec l’âge.
– Docteur, combien je vous dois ?

                                                                    *****

En y réfléchissant un peu.

Je ne voudrais pas faire preuve de pessimisme ni décourager ceux et celles qui se battent à coup de crèmes, de gym et de chirurgie, mais enfin, quoi qu’on fasse, la vieillesse est une histoire qui finit toujours mal !
Ça commence par des petits renoncements dont on veut se convaincre qu’ils permettront de vivre mieux et plus longtemps. En réalité chacun d’eux sonne le décompte à rebours avant le crash et  ils sont une privation de liberté  et une réduction du plaisir de vivre, de plus en plus insupportables.
Vivre plus longtemps est un objectif dérisoire, ridicule et inutile que nous vend  la société de consommation. L’infini du temps avant notre naissance et après notre mort rend la durée de notre vie insignifiante. Un peu plus, un peu moins est aussi peu important que la traversée d’une fourmi sur une autoroute.
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Il peut se produire qu’un jour l’homme découvre l’éternité: merci la science ! Seulement voilà,  nous savons également que le temps de notre univers, lui, est imparablement ‘fini’ et qu’il disparaîtra dans un immense trou noir dans quelques milliards d’années, à une date déjà calculée par d’autres scientifiques. Mon optimisme naturel me laisse penser que nous aurons détruit nous-mêmes notre terre bien avant !
Maintenant, des jeunes et – plus vexant encore – des moins jeunes, se lèvent dans le bus pour me céder leur place. Passe encore pour mon épouse par galanterie, mais moi, je ne leur ai rien demandé ! grrr… Le pire est que je dois accepter, mon dos et mes jambes  disant merci à ces traitres ! Quand viendra leur tour, ils comprendront la félonie de ce geste de bonne éducation.
  • On ne me dit plus que je suis en forme, mais que je ne parais pas mon âge. C’est de la compassion.
  • On ne me demande plus ce que je fais dans la vie, mais ce que je faisais… Donc, je ne sers plus à rien ?
  • Vieillir c’est se demander à chaque fois que l’on commence quelque chose si on aura le temps de le terminer. Ainsi finirais-je d’écrire le roman dont je construis actuellement  le scénario ?

  • Jeune on veut construire un nouveau monde, adulte y faire son trou, vieux retrouver son lit.
  • Jeune on fait du sport pour se muscler, adulte pour se maintenir en forme, plus tard on évite d’en faire pour ne pas se casser.
  • Jeune on fait l’amour n’importe où et n’importe quand; adulte le désir est plus organisé et fantasmé; plus tard  on s’assure du confort et on patiente.
  • Jeune, l’amour est d’abord une ardeur, adulte un désir de l’autre et enfin une tendresse.

Conclusion

Quand je me retourne, je vois un long chemin parcouru…pour n’arriver nulle part. Si ma bonne étoile m’oubliait, je ne ferais pas un bon vieillard.

Je rassure les amis qui liront cet article jusqu’au bout: Non, je ne déprime pas. Enfin, pas plus que d’habitude ! 🙂

 

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