Le garage du cerveau

“Bonjour monsieur, c’est bien ici le garage du cerveau ?”

C’est le genre d’idée farfelue qui vous vient  au beau milieu de la nuit quand vous vous retournez sans cesse dans votre lit faute d’arriver à vous endormir.
“Quand vous ne dormez pas, ne restez pas au lit, levez-vous et occupez-vous en attendant que le prochain cycle du sommeil revienne” m’avait-dit une charmante neurologue spécialiste de cette maladie de l’insomnie.
Donc discipliné, et persuadé qu’il vaut mieux vider sa tête que d’essayer de stocker les idées qui y tournent,  j’ai cette fois enfilé mon peignoir et me suis mis à mon bureau, le stylo à la main, l’essentiel du dialogue, entre un garagiste très spécialisé et l’insomniaque que je suis, déjà imaginé.
Était-ce une bonne idée? ça dépend du point de vue où on se place:
Pour ce qui est du cycle du sommeil, mon épouse m’a retrouvé le matin occupé à me relire, c’était donc raté, j’avais été oublié. (Il parait que la bonne recette est de regarder un reportage télé, genre pêche à la mouche.)
Pour ce qui est du dialogue de cette nouvelle, c’est selon. On aime ou on n’aime pas, mais je sais que je me suis bien amusé à l’écrire, à défaut de dormir.

A titre de témoignage de ma bonne volonté j’ai apporté un exemplaire du “garage des cerveaux” à la neurologue qui s’en est amusé et l’a affiché dans la salle d’attente (avec mon autorisation) mais à part ça, je ne dors toujours pas plus. Pas moins non plus si on veut à tout prix positiver!  En fait je suis dans un cercle vicieux et donc sans fin: Quand je me lève la nuit pour écrire, je me sens créatif  mais je suis ensuite fatigué toute la journée. Mais à remettre au matin de coucher (sans jeu de mot!) sur le papier ce qui me trotte dans la tête la nuit, je ne gagne qu’à me sentir fatigué et inefficace quand je me lève, par un manque évident de sommeil  .

Je vous le dis: Mon cerveau doit être virussé mais ma neurologue n’a pas le logiciel adapté pour le nettoyer! Alors je change de garagiste? Bof, je crois qu’il n’est même plus réparable et je vais me débrouiller avec.

Ce court texte est paru dans mon recueil “sur le fil” voir :  Mes romans

 

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