Pierre Bussière

Juge et partie?

Quand l’administration est juge et partie, “l’affaire” n’est pas loin!  Est-ce nouveau? Évidemment que non. Les habitants de Chaudun étaient-ils si malheureux qu’ils devaient absolument partir ou leur a-t-on fait miroiter une vie tellement plus heureuse dans les colonies françaises qu’ils ne pouvaient résister à cette sollicitation par ailleurs assez pressante? Il est vrai que leur principale ressource, l’industrie pastorale, était en régression permanente pour 3 raisons. Je cite ici le rapport de l’inspecteur de la Direction des forêts chargé par l’Etat de ce dossier, monsieur Billecard : “l’épuisement des pâturages par un usage excessif, la baisse des prix par suite de la concurrence étrangère et enfin l’augmentation incessante des charges communales”. Mais si les revenus étaient faibles, les dépenses l’étaient tout

Lire la suite »

Le moulin

Extrait (en l’état provisoire) d’un chapitre de “Chroniques de la mort d’un village”, roman lui-même en construction. Avec le schéma on peut tout suivre, je crois! Après la lessive, voici le pain qu’on cuisait une fois par an dans le four communal. (Marin est le maire-adjoint de la commune de Chaudun) Et donc ce matin c’est l’évènement : les Marin mettent  en route le moulin. Les premiers villageois à apporter leurs sacs de blé sont déjà devant la porte et applaudissent gentiment leur arrivée. Alphonse verse un premier sac de tuzelle dans la trémie. On va moudre par catégorie en finissant par le seigle car il faut modifier les réglages à chaque fois. Jacques fait une première trempure*  et commence

Lire la suite »

La lessive de printemps

  La grande lessive c’est seulement  deux fois par an et c’est à chaque fois un évènement vécu par tout le village comme un soulagement. Celle de printemps se fait toujours fin avril (en mai ça porte malheur: “Far la bua * en mai, c’est laver son linceul.”) et témoigne de l’arrivée des beaux jours et la seconde,  après les gros travaux d’été,  marque la fin des grosses chaleurs, de la sueur et de la poussière. Alors du linge empilé, vous pensez s’il y en plein les armoires et les buffets! Au moins trois jours de travail! Et les hommes ne seront pas les bienvenus dans les maisons pendant ce temps là. Ils auront tout intérêt à rester à travailler aux

Lire la suite »

L’écologie, c’est pas nouveau!

La politique non plus… En 1860, sous l’influence d’ingénieurs forestiers, une première loi napoléonienne décidait d’exproprier sans indemnité tout propriétaire d’un terrain selon  “l’état du sol et les dangers qui en résultent pour les terrains inférieurs” sauf à ce que le dit propriétaire fasse lui-même les travaux imposés. Il est évident que dans les régions concernées de haute montagne où les paysans étaient très pauvres cette dernière disposition était inapplicable d’où beaucoup d’agitations, voir de révoltes. En 1882, sous la  3ème République, l’intention fut reprise mais avec un peu de modulation (Il faut cette fois penser aux électeurs!). Ainsi cette expropriation devait désormais être accompagnée d’une indemnisation et être votée à chaque fois au parlement. Quels terrains étaient concernés? Essentiellement

Lire la suite »

Suis-je Dieu?

  boutique décrite dans “L’Amporelle” “Sur le fil” J’ai toujours été fasciné par ces gens qui disparaissent soudainement un jour pour construire une autre vie ailleurs avec d’autres personnes, une autre histoire. Parfois ils cherchent à effacer une erreur ou à se donner une seconde chance  mais il arrive aussi que ce soit moins simple. C’est ainsi que dans “L’Amporelle” (‘Sur le fil’ )Jean-Pierre dit “Je veux faire de mon existence non pas un état mais une pulsation”. Sans doute exprime -t-il un besoin permanent de nouveauté, voir de risque. Plusieurs amis m’ont reproché de faire mourir Jean-Pierre . Il est vrai que j’avais imaginé d’abord une autre fin plus style comédie sentimentale à cette nouvelle: il partait encore pour  une

Lire la suite »